Anacharsis - vu de l'extérieur

Anacharsis - vu de l'extérieur

Toutes les émissions avec des auteurs et autrices publiés chez Anacharsis

Éditions Anacharsis

Vous trouverez ici le flux des émissions de radio, podcasts indépendants ou conférences enregistrées avec nos auteurs et autrices. Nous publions des ouvrages qui rendent compte des rencontres entre cultures dans quatre collections : "Essais", "Fictions", "Famagouste" et "Les ethnographiques". Il peut s’agir de textes écrits au fil du temps, de récits de voyages – authentiques ou étranges –, de témoignages, mais aussi d’essais dont le dénominateur commun est de mettre le lecteur en présence d’un questionnement sur l’altérité.

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Collection Les Passantes - Ombres Blanches

Rencontre avec Sandrine Victor et Charles-Henri Lavielle autour de la collection Les Passantes aux éditions Anacharsis.

Sandrine Victor est historienne médiéviste et responsable de la formation Histoire publique à l’Institut universitaire d’Albi.
Charles-Henri Lavielle est codirecteur de la maison d’édition Anacharsis et coorganisateur du festival L’histoire à venir.

Une lettre, un acte de naissance, une déclaration à la justice, un graffiti, une épitaphe... Leur nom à peine révélé, les voilà oubliés. Ces hommes et ces femmes ont traversé l’histoire sans entrer dans la pleine lumière. Ce sont eux pourtant qui animent les sociétés du passé. Leurs trajectoires singulières constituent le socle et le sel de toute recherche historique. Rencontrés dans des archives éparses, ils sortent fugacement de l’ombre, le temps d’un récit.
La collection « Les Passantes » est dirigée par Philippe Bernardi, Jean-Marie Guillouët, Virginie Mathé, Catherine Rideau-Kikuchi, Sandrine Victor et Dominique Vingtain.

Les deux premières biographies ont paru en 2025

Alvise Mocenigo
Alvise Mocenigo. Un notable vénitien au début du XVIe siècle

Philippe Braunstein
Le récit de la vie du notable vénitien Alvise Mocenigo nous plonge au début du XVIe siècle dans le cœur battant de la puissance de la Sérénissime. À la fois marchand, homme politique et diplomate, sa correspondance depuis les Flandres, la France ou l’Allemagne dessine l’ordinaire des jours d’un homme au service de la République.
À la cour de Louis XII de France ou de l’empereur Maximilien, il nous introduit dans l’intimité des tractations politiques du temps, sans rien cacher de ses propres angoisses ou aspirations. Un voyage sensible dans le passé.

Alexandrine Flottes
Alexandrine Flottes. De Marseille à Buenos Aires, parcours d’une migrante au XIXe siècle

Thibault Bechini
Née de père inconnu rue d’Aubagne à Marseille en 1827, Alexandrine Flottes aura une destinée à la fois commune et singulière. Commune parce qu’elle est emportée par les courants migratoires de l’époque, de Marseille à Alger puis d’Alger à Buenos Aires, où elle se fixe dans les années 1850. Singulière parce qu’à travers l’enquête serrée que mène Thibault Bechini, par-delà les mers et les océans, on voit poindre les choix d’une femme ordinaire qui, face aux coups du sort, cherche constamment à améliorer sa condition.
Si son existence ressemble à celle de bien des femmes de ce temps, Alexandrine Flottes, telle qu’on la devine, simple mais aventureuse, possède quelque chose de fascinant.

Les podcasts de la librairie Ombres Blanches
Réalisation et mise en ondes Radio Radio, RR+, Radio TER

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j' - Le Book Club (France Culture)

Dans son dernier livre, Mika Biermann nous embarque dans un château en ruine où deux personnages fantasques forment un duo absurde. L’auteur mêle à cette aventure sa propre histoire familiale pour livrer en creux son autoportrait. Il est notre invité.
Avec

j

Un "J’", aujourd'hui dans le book club, l'amorce d'une histoire, le début d'une prise de parole, le plus petit éclat biographique, le minuscule carreau d'une vaste mosaïque de récits. "J’", c'est le titre du nouveau roman de Mika Birman : deux hommes, un étrange château, et plus étrange encore, l'un des deux, sans âge, qui éructent régulièrement des phylactères, sorte de parchemins sur lesquels on peut lire des histoires.
L’écriture comme une aventure

Mika Biermann explique son processus d'écriture : "Il m'arrive plein d'aventures en écrivant, c'est, entre autre, la raison pour laquelle j’écris, et je sais rarement comment cela va finir. Quand j’écris, je ne cherche pas, je trouve et je sais à quel moment je peux plus perdre le texte, le roman, cette vie-là, ce monde-là. Il y a des jours où ça marche de tonnerre, et parfois, la mayonnaise ne prend pas. En fait, je sais que je tiens mon texte quand je ne me réveille plus la nuit pour le travailler, ou quand je me réveille toute la nuit, mais avec joie, pour pouvoir le travailler."

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Décoloniser la Kanaky-Nouvelle-Calédonie - Benoît Trépied (Paroles d'histoire)

Kanaky-Nouvelle-Calédonie, la décolonisation inachevée, avec Benoit Trépied
Paroles d'histoire
Un podcast consacré à l'actualité des livres, de la recherche et des débats en histoire

Décoloniser la Kanaky-Nouvelle-Calédonie, Benoît Trépied
Décoloniser la Kanaky-Nouvelle-Calédonie

Le 13 mai 2024, la Kanaky-Nouvelle-Calédonie a connu un embrasement sans précédent qui fera date. Les dégâts humains, matériels et politiques ont été considérables. Mais surtout, un processus de décolonisation unique dans l’histoire a été brutalement interrompu. Ce livre voudrait fournir les clés pour comprendre un tel bouleversement.
Du peuplement kanak du pays il y a trois mille ans aux colons venus « blanchir » le territoire, de la lutte pour l’indépendance aux accords de paix, il revient sur un long chemin d’émancipation et examine les mutations survenues ces quarante dernières années, d’un point de vue tant social, qu’économique et politique.
De la sorte, c’est un tableau complet et accessible qui est ici proposé, avec l’espoir que cet ouvrage puisse éclairer les consciences et, modestement, aider à imaginer les voies d’une décolonisation réussie à l’avenir.

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Harems et Sultans - Jocelyne Dakhlia (Librairie Mollat et Emmanuel Laurentin)

Sitôt prononcé le mot « harem », surgissent des images de femmes lascives, cloîtrées dans la pénombre en attente du bon vouloir du prince. C’est aussi l’expression exemplaire du gouvernement de sultans réputés exercer leur pouvoir sous l’emprise de pulsions quasi pathologiques. Ces poncifs, que l’on pourrait croire éculés, entrent aujourd’hui encore en résonance avec la conception d’un monde islamique figé et politiquement inepte, fatalement voué au despotisme et à l’oppression des femmes.

Jocelyne Dakhlia entreprend dans cet ouvrage une archéologie de ces motifs à partir de l’histoire du Maroc, de la fin du Moyen Âge au XXe siècle. Il s’agit ici de mobiliser à nouveaux frais l’ensemble de la documentation disponible, tant picturale que textuelle, afin de procéder à une histoire fine du genre et du politique en Islam, de remettre en mouvement des logiques historiques là où l’historiographie se faisait plus sommairement culturaliste.

Entrevue avec Emmanuel Laurentin pour la librairie Mollat, également disponible en vidéo

Jocelyne Dakhlia, Harems et Sultans. Genre et despotisme au Maroc et ailleurs, XIVe-XXe siècle
Harems et Sultans

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Harems et Sultans - Jocelyne Dakhlia (Agora des savoirs / radio Divergence)

Jocelyne Dakhlia, Harems et Sultans. Genre et despotisme au Maroc et ailleurs, XIVe-XXe siècle
Harems et Sultans

Une histoire nouée ?

Depuis le XVIIe siècle, au moins, l’Europe s’emploie à définir l’Orient comme son envers, les sociétés du monde islamique renvoyant communément l’image de sociétés bloquées, doublement verrouillées. Deux termes clés, indissociables au fond, résument historiquement cette forme d’inaptitude apparente à la modernité : le Despotisme et le Harem.

Ils recouvrent à la fois le grand partage qui ravale les femmes à la sphère privée, domestique, réservant aux hommes l’actorialité politique, et l’idée d’une oppression généralisée, où les femmes seraient doublement victimes, victimes à la fois d’un despotisme privé et de l’« assujettissement » général. Ce livre dévoile au contraire, de part et d’autre de la Méditerranée et au-delà, la trame dense des interactions locales entre les sociétés, interactions concrètes, pacifiques ou violentes, mais toujours productrices de « sens commun ». Jocelyne Dakhlia analyse un « Orient » paradoxal, car il s’agit d’un « Orient d’Occident ». Elle prend toute la mesure de la dépréciation politique du Maghreb par l’Europe, d’autant qu’il avait partie liée avec son « africanité », et une définition largement raciale. Ainsi, le fait politique, derrière le couvert despotique, apparaissait toujours éminemment instable et précaire ; la condition féminine, à l’inverse, n’était décrite que comme sédentaire et figée, statique en un mot. Trop de mouvement d’une part et trop de fixisme d’autre part.

Sur cette double base, une surdétermination négative par le politique et par le harem, le livre entend donc remettre à plat toute l’histoire politique de la région au critère de l’action politique et publique des femmes. Il observe et décrit par une chaîne d’exemples les implications féminines dans les dynamiques politiques, à tous niveaux, depuis la politique locale jusqu’au sommet de l’État.

Biographie
Historienne franco-tunisienne, Jocelyne DAKHLIA est directrice de recherche émérite de l’École des Hautes études en sciences sociales. Spécialiste de l’histoire politique du Maghreb et plus largement de la Méditerranée.

Conférence prononcée à l'Agora des Savoirs à Montpellier
Diffusion en direct sur radio Divergence mercredi 11 décembre 2024 – 19h00