Anacharsis - vu de l'extérieur

Anacharsis - vu de l'extérieur

Toutes les émissions avec des auteurs et autrices publiés chez Anacharsis

Éditions Anacharsis

Vous trouverez ici le flux des émissions de radio, podcasts indépendants ou conférences enregistrées avec nos auteurs et autrices. Nous publions des ouvrages qui rendent compte des rencontres entre cultures dans quatre collections : "Essais", "Fictions", "Famagouste" et "Les ethnographiques". Il peut s’agir de textes écrits au fil du temps, de récits de voyages – authentiques ou étranges –, de témoignages, mais aussi d’essais dont le dénominateur commun est de mettre le lecteur en présence d’un questionnement sur l’altérité.

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Corsaires à Marseille - Le Cours de l'histoire (France Culture)

À la fin du Moyen Âge, le port de Marseille vit au rythme des bateaux et des marchandises. Parmi les hommes et les femmes qui y accostent, y vivent ou y travaillent, les marchands forment une élite protéiforme, qui gouverne la ville.
Avec Laure-Hélène Gouffran, historienne, chargée de recherche au CNRS
Corsaires à Marseille. Onze portraits d’aventuriers des mers à la fin du Moyen Âge
Corsaires à Marseille

Au Moyen Âge, le commerce à Marseille est une histoire de port, du temps où le "Vieux-Port" n'était pas encore "vieux". C'est également une histoire de marchands et de corsaires et une enquête, à la poursuite de deux destins de marchands et d'un homme qui en cache un autre.

Le Cours de l'histoire, France Culture

Au 14ᵉ et au 15ᵉ siècles, Marseille est une ville tournée vers la mer et gouvernée par une élite marchande. Marseille n'appartient pas au royaume de France et est sous la tutelle des comtes de Provence. Dans le quartier du Panier, autour de la calanque qui forme le port, se croisent marchands marseillais, italiens, catalans ou grecs : un monde cosmopolite où les langues parlées sont nombreuses et où le commerce est libre.

Les marchands mènent leur activité majoritairement dans des boutiques dont ils sont propriétaires. Il existe aussi des marchands plus modestes, qui sous-louent des tables lors des marchés. Les marchandises vendues sont diverses et variées, des denrées alimentaires aux biens les plus prestigieux comme des draps et des épices, issus du commerce international. Le corail est la marchandise reine à Marseille, décrite par l'historienne Laure-Hélène Gouffran comme la "valeur refuge des Marseillais". Vendu par les grands comme les petits marchands, cet "or rouge" est pêché le plus souvent au large de la Sardaigne, grâce à des privilèges accordés aux marchands marseillais, puis façonné à Marseille où il est vendu et exporté. Laure-Hélène Gouffran précise que le façonnage du corail révèle en outre une spécificité marseillaise : les ouvriers qui le travaillent sont "quasiment exclusivement des juifs", une "spécificité confessionnelle", portée par "un vrai savoir-faire et une expertise" que ces ouvriers se transmettent de génération en génération.

Il n'existe pas une identité marchande, mais des identités multiples. Les femmes, moins visibles dans les sources, sont toutefois présentes dans la profession, même si minoritaires, à l'instar des veuves, qui reprennent l'affaire de leur mari. Laure-Hélène Gouffran souligne la spécificité des activités des marchandes marseillaises, puisque les femmes mariées peuvent également agir "en leur nom propre, soit pour des opérations commerciales, soit pour du crédit".

Une hiérarchie distingue les grands marchands des petits, selon l'ampleur de leur offre et de leurs réseaux. Les grands marchands négocient les draps et les épices dans des échanges internationaux, participent au gouvernement de la ville et peuvent accéder, sur plusieurs générations, à la noblesse par l’achat de seigneuries. Contrairement à d'autres villes, il n'existe pas de corporations de marchands à Marseille. Cependant, les collaborations sont nombreuses et les alliances maritales peuvent servir une stratégie commerciale. Les rivalités ne sont pas rares, avec de violentes luttes de factions.

Certains marchands s'adonnent également à des activités de piraterie, une pratique illicite commune dans la Méditerranée. Selon Laure-Hélène Gouffran, qui signe Corsaires à Marseille. Onze portraits d'aventuriers des mers à la fin du Moyen Âge (Anacharsis, 2025), la pratique de la course ne doit pas être exclue de la réflexion sur les marchands au Moyen Âge puisqu'il s'agit d'une activité économique répandue. Elle distingue deux profils de corsaires : de grands "mercenaires de la mer" – issus d'une petite noblesse et souvent bannis de leur royaume, ils vendent leurs services aux différentes cours méditerranéennes –, et les "corso-marchands", qui pratiquent "un peu le commerce, un peu la course à l'heure". Certains de ces corso-marchands se tournent radicalement vers la course quand d'autres cumulent les deux activités toute leur vie.

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Le plus loin du monde - Guillaume Gaudin (Mondes Sociaux)

À l’autre bout du monde, une conquête coloniale méconnue ?
Avec Guillaume Gaudin, auteur de l'essai Le plus loin du monde. La conquête des Philippines par les hispaniques (XVIe-XVIIe siècles)
Le plus loin du monde (couverture)

Aux XVIe siècle, les Hispaniques se sont lancés à la conquête des Philippines situées dans l’océan Pacifique.
Pourquoi se sont-ils intéressés à cet archipel situé aux antipodes de l’empire ibérique ? Comment se sont passés les premiers échanges entre les habitants des Philippines et les Espagnols ?
Retour sur cette période de l’Histoire avec l’historien Guillaume Gaudin, dans ce nouvel épisode des podcasts de Mondes Sociaux.

Guillaume Gaudin (5 octobre 2026). À l’autre bout du monde, une conquête coloniale méconnue ? Mondes Sociaux
https://sms.hypotheses.org/63598
Producteurs : Maison de l’Image et du Numérique
Animatrice : Clémentine Souchaud

Les podcasts de Mondes sociaux : https://sms.hypotheses.org/category/podcasts

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Carmen, pour changer - Sophie Rabau (Agora des savoirs / radio Divergence)

Sous le couteau de Don José, Carmen meurt. Elle est morte des centaines, des milliers, des millions de fois, autant de fois qu’il y eût de lecteurs pour poser leurs yeux sur l’œuvre de Mérimée.
Emporté par sa passion, comme ensorcelé par la vénéneuse gitane, Don José n’avait guère de choix. Il fallait la tuer, ne serait-ce que pour obéir à l’injonction tragique. Et ainsi magnifier, sinon fonder l’un des mythes les plus vivaces de notre modernité, celui de la femme fatale. Il fallait donc que Carmen meure afin que naisse le mythe.

Carmen, pour changer
Carmen, pour changer. Variations sur une nouvelle de Prosper Mérimée

Avec une vitalité débordante, Sophie Rabau se refuse à la mort de Carmen. Elle entreprend de relire la nouvelle pour lui appliquer avec méthode le principe de la variante. Varier Carmen, c’est aller aux tréfonds du texte y chercher des flexions, des infléchissements suggérés dans l’œuvre originale et laissés pourtant inexploités.

Sophie Rabau, avec l’humour qu’on lui connaît, entreprend donc de sauver Carmen dans un exercice de lirécriture enthousiasmant grâce auquel l’héroïne tragique devient une femme vivante, et bien vivante, et qui mérite de le rester. Ce sont alors des centaines de Carmens déviées qui dansent, chantent aiment et rient, insolentes et toujours sauvées : superbement vivantes.

Alors pourquoi fallait-il la tuer ? La figure de la femme fatale se trouve ici dynamitée, et, le mythe mis à nu, on en mesure en fin de compte toute la bêtise, et peut-être aussi le sordide : une femme qui vit serait une souffrance pour l’homme qui aime ? Une femme n’existe que par l’homme qui l’aime ? Carmen déviée prouve que non.

Sophie Rabau est enseignante-chercheuse en littérature générale et comparée à l’Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle. Théoricienne de la littérature, elle s’intéresse à l’invention théorique et critique. Elle est également membre du comité de rédaction de la revue Vacarme où elle publie régulièrement des textes théoriques et/ou littéraires. Elle a notamment publié L’Intertextualité (Flammarion, 2003) et B. comme Homère : l’invention de Victor B, (Anacharsis, 2016)

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Captifs et corsaires - Allons-y voir ! (France Culture)

Méconnue mais pourtant bien visible à travers les œuvres, l’histoire de l’esclavage en Méditerranée est faite de violences réciproques, de représailles, mais aussi de circulation cosmopolite des savoirs. Tout sauf marginale, cette histoire est au cœur de la représentation politique du Grand Siècle.
Jusqu'au 19 juillet, l'exposition Esclaves en Méditerranée, XVIIe-XVIIIe siècles qui se tient à l’Institut du monde arabe à Paris révèle cette histoire méconnue, dont l’oubli est d’autant plus surprenant qu’elle était partout visible.
Patrick Boucheron s'entretient avec :

  • Gillian Weiss, historienne, professeure à la Case Western Reserve University, Cleveland, spécialiste de la Méditerranée à l’époque moderne. Elle la co-commissaire de l’exposition « Esclaves en Méditerranée, XVIIe-XVIIIe siècle » qui se tient à l’Institut du Monde Arabe à Paris, jusqu’au 19 juillet. On lui doit notamment deux superbes livres traduits en français : Captifs et corsaires. L’identité française et l’esclavage en Méditerranée paru chez Anacharsis en 2014, et en 2022 aux éditions de l’EHESS Le Roi-Soleil en mer. Art maritime et galériens dans la France de Louis XIV, en collaboration avec Meredith Martin, également co-commissaire de l’exposition avec Djamila Chakour et M’hamed Oualdi.**

Captifs et corsaires

  • M’hamed Oualdi, professeur d’histoire du Maghreb à Sciences Po, actuellement en détachement à l’Institut européen de Florence, après avoir enseigné à Rome, Tunis et Princeton. Cette carrière internationale est mise au service d’une histoire connectée de l’esclavage, ou plutôt des esclaves. En français, il a notamment publié Un esclave entre deux empires. Une histoire transimpériale du Maghreb au Seuil en 2023 et L’Esclavage dans les mondes musulmans aux éditions Amsterdam, 2024. Il est également co-commissaire de l’exposition « Esclaves en Méditerranée, XVIIe-XVIIIe siècle » à l’IMA.

  • Guillaume Calafat, maître de conférences en histoire moderne à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre de l’Institut universitaire de France et directeur de la revue Les Annales. Il a publié en 2019 aux éditions du Seuil Une mer jalousée. Contribution à l’histoire de la souveraineté (Méditerranée, XVIIe siècle) et, avec Mathieu Grenet Méditerranées. Une histoire des mobilités humaines, 1492-1750, Points-Seuil, 2023.

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Le Bounty - rdv de l'histoire de Blois

L’ouvrage de Greg Dening (1931-2008) dont il sera question ici, Le Bounty. Passions, théâtre, pouvoir : histoire d’une mutinerie, paru en 1992 et enfin traduit aujourd’hui, est sans équivalent dans la littérature historique. Tout en revisitant la plus célèbre mutinerie de l’histoire (survenue en avril 1789) dans tous ses développements de Londres à Tahiti, Greg Dening questionne avec une pertinence dévastatrice les présupposés usuels de la fabrique de l’histoire pour produire un ouvrage à la fois sensible, malicieux et fascinant dont on s’emploiera à explorer l’inépuisable richesse.

Avec Frantz OLIVIÉ, éditeur, Antoine LILTI, professeur au Collège de France et directeur d’études à l’EHESS, et Isabelle MERLE,
Directrice de recherche (CNRS)

Le Bounty (couverture du livre)